Un mois sous les mers (2)

(…) « La ville ! » murmura Théodore Randal.
C’était en effet une ville, une cité analogue à celle dont nous avions visité les ruines, mais qui couvrait une surface décuple et que la vie animait encore. On distinguait de loin des silhouettes qui se mouvaient avec lenteur entre les habitations, et d’autres silhouettes qui se dépla­çaient au bord du fleuve où régnait une agitation relative.
Entre la base des collines et les premières maisons de la cité, s’élevaient douze constructions étranges, différentes de toutes celles que j’avais vues jusqu’alors.
C’étaient de véritables couronnes de rochers… des couronnes coupées en deux et qui ressemblaient à deux croissants de lune qu’on aurait posés l’un en face de l’autre, les pointes se touchant. Ces roches, unies, polies, mesuraient environ trois mètres de hauteur, et le cercle, formé dans l’espace compris entre les croissants, avait un diamètre de deux cents mètres au moins.
Au centre de ce cercle, se dressait un petit édifice pareil aux maisons de la ville, mais qui avait une forme rectangulaire et une hauteur peut-être double.
Les deux échancrures de la couronne étaient à peine larges de deux mètres, aucune espèce de fermeture n’était installée là.
Devant chacun de ces curieux édifices se dressait une singulière machine faite de poutrelles entrecroisées, qui supportaient une sorte de pont tournant, dont le pivot devait être constitué par une pièce de métal fichée dans le sol. (…)

Un mois sous les mers

Travaux en cours : la correction et la mise en page du texte OCRisé de Un mois sous les mers, roman de Tancrède Vallerey (1939) que nous allons rééditer en tirage limité, dans notre format hardcover (avec toutes les illustrations de Maurice Toussaint, de l’édition de 1945). Préface de Patrick Marcel. Souscription déjà ouverte.

(…) Le site était tourmenté, chaotique, aussi loin que le regard pouvait atteindre. Une sorte de brume violacée voilait l’horizon. La vallée était large de plusieurs kilomètres et bornée sur la droite et sur la gauche par des terrains en pente, formés d’un agglomérat d’énormes cristaux verts aux reflets d’émeraude. La voûte qui dominait cette vallée souterraine la surplombait de mille mètres au moins. Un ciel, comme l’imagination ne peut en con­cevoir, un ciel aux nuances irisées où nul astre n’était visible, mais duquel descendait une lumière opaline mélangée de distance en dis­tance de rayons mauves, orangés ou verdâtres. (…)