Entretien avec Melchior Ascaride sur Acheron Webzine

Chez les Moutons électriques, nous vouons une sorte de culte, aux coutumes et aux rituels étranges soit, mais un culte à notre graphiste Melchior Ascaride. Si, si. Et l’on sait que nos lecteurs admirent également le lauréat du prix Imaginales 2016…

Alors, vous serez heureux d’apprendre que le site Acheron Webzine s’est longuement entretenu avec lui, et que l’artiste y dévoile ses origines, ses inspirations et ses projets futurs.

« 3 – Nous avons connu ton travail grâce à notre partenaire Les Moutons électriques pour lequel tu fais des illustrations, comment s’est passé la rencontre avec cette maison d’édition ?

Tout bêtement. En 2012 je suis allé faire un tour au Salon du Livre de Paris, avec mon sac rempli de books pour aller démarcher un peu. Et puis j’ai gardé le meilleur pour la fin (croix de bois croix de fer c’est pas de la lèche, c’est un éditeur avec lequel j’avais vraiment envie de bosser) et avant de quitter le labyrinthe anxiogène qu’est ce salon, je me suis arrêté au stand des Moutons, j’ai été reçu par Julien Bétan à qui j’ai demandé si je pouvais lui présenter mon boulot. On s’est assis à une petite table, on a parlé pendant qu’il regardait mes travaux, André-François y a jeté un œil également et puis on s’est serré la main, je leur ai laissé mon portfolio et ma carte et je suis parti. Et ce n’est que rentré chez moi que je me suis claqué le front en réalisant que j’avais oublié de leur dire que nous avions des amis communs. Tant pis. Et puis quelques mois plus tard, après être rentré du vernissage d’une expo où je ne suis jamais arrivé, j’avais dans mes mails un courrier intitulé « Seconde prise de contact » et signé A-F. Ruaud. Je l’ai lu. Et au fur et à mesure des quelques lignes j’avais un sourire qui se dessinait sur la figure : mon travail leur plaisait et ils voulaient qu’on tente le coup. On a commencé avec du Roland Wagner et on continue encore aujourd’hui. »

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Juillet 2016

Cette fois, l’été est bien là, avec ses promesses de longues plages de lecture… Et ça tombe bien, tenez : de la lecture, on en a plein pour vous !

Par exemple, savez-vous que nous venons de faire paraître le premier roman d’Alex Nikolavitch, le scénariste et traducteur de BD ? Eschatôn relève à la fois du space opera et de l’imaginaire lovecraftien. Aventures et métaphysique s’y mêlent, avec en toile de fond une très belle réflexion sur le fanatisme religieux et la manière dont il modèle gens et sociétés. Cathédrales volantes, moines-soldats et monstres d’outre-espace : c’est le souffle de la grande aventure !

Aussi paru en juin, Les Cœurs enchaînés de Nicolas Le Breton est quant à lui du pur steampunk. Cette suite et fin du diptyque « Pax Germanica », commencé avec Les Âmes envolées (paru en 2014), suit l’épopée d’un dirigeable dont l’équipage mêle figures historiques et personnages de fiction. Entre roman de piraterie et uchronie, ce cycle se situe dans un monde où l’automobile n’a jamais été inventée et où les Zeppelins de l’Alliance Objective font régner la terreur : frénétique et époustouflant !

Pas lourds dans les bagages ni encombrants sur la plage : nous venons de rééditer en format de poche (sous le label Hélios) plusieurs chefs-d’œuvre méconnus de la SFF anglo-saxonne. Notamment un roman qui obtint le prix Nebula en 1968, excusez du peu : Rite de passage d’Alexin Panshin. Le capitaine Ruaud vient d’en dire « un petit mot de l’éditeur » sur notre blog.

Cette parenthèse estivale est aussi pour nous l’occasion de trier nos fins de stocks. Nous avons considérablement baissé les prix de vente des anciens « Bibliothèque rouge » ; et avons décidé de vous proposer également un « panier » exclusif de six livres à prix cassé + quelques cadeaux, pour le plaisir de la découverte…

Rite de passage, un livre intime, par André-François Ruaud

Rite de passag
Nous vous livrons régulièrement des « mots de l’éditeur » sur nos nouveautés, juste un petit texte à chaque fois afin de vous expliquer, de manière très personnelle, comme en confidence, l’origine d’un livre…
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IL Y A DES ROMANS QUI SONT « CULTES », de ceux que l’on relit de manière régulière, pendant des années, et auxquels l’on revient toujours. Il peut s’agir d’un roman célèbre, d’une grande œuvre du genre du Seigneur des Anneaux, de Dune, des Jane Austen ou des Harry Potter, par exemple. Dans d’autres cas, il s’agit de textes qui peuvent nous être plus personnels, qui nous parlent intimement, un petit peu comme si ce roman précis n’avait été écrit que pour nous.

En ce qui me concerne, le rapport à ces livres « intimes » se prolonge souvent par un désir d’en être l’éditeur, et lorsque c’est possible, il s’agit d’une jolie victoire, de la réalisation d’un rêve de jeunesse… C’est le cas par exemple de Rite de passage, un roman américain de science-fiction qui obtint le prix Nebula en 1968. Son auteur, Alexei Panshin, n’a pas fait une immense carrière : après ce premier succès, il débuta une série de space opera à la fois dandy et humoristique, les aventures d’Anthony Villier — mais soit que l’auteur s’en lassa, soit que le succès commercial ne fut guère au rendez-vous, en tout cas après trois tomes, le quatrième titre, annoncé, ne vit pas le jour et Alexei Panshin cessa d’écrire de la fiction pour se consacrer surtout à une activité d’essayiste. Pour ma part, ayant découvert ce roman vers mes 20 ans dans sa traduction chez Opta « Galaxies Bis », j’ai immédiatement été touché par la voix ô combien naturelle et humaine de sa protagoniste, l’atmosphère réaliste d’une intrigue pourtant située à bord d’un immense vaisseau spatial…

Et je n’ai plus cessé de revenir à ce roman, de temps en temps.

Triste qu’il n’ait jamais été réédité, je l’ai chroniqué dans une revue, puis lui ai consacré une part de chapitre de ma grosse étude Space Opera !, avant d’encore y revenir en postface d’un roman de Brian Aldiss dont j’avais eu l’occasion de réviser la traduction pour Folio-SF, Croisière sans escale, sur le même thème des vaisseaux générationnels.

Et puis voilà : les Moutons électriques s’étant lancés avec nos collègues ActuSF et Mnémos dans l’aventure d’une collection au format de poche, Hélios, j’ai soudain réalisé que l’occasion était belle de devenir moi-même l’éditeur de ce roman tant aimé. L’auteur accepta tout de suite, et… il s’avéra que la vieille traduction n’était pas franchement d’un très bon niveau, il fallait absolument la réviser, ce que fit une proche collaboratrice. C’est hélas presque systématique avec ces vieilles traductions, les éditeurs de SF d’antan ne s’embarrassaient pas vraiment de qualité et de fidélité textuelle. Enfin, voici : Rite de passage d’Alexei Panshin est le n°52 d’Hélios !

André-François Ruaud
Un extrait en ligne ici : https://issuu.com/helioscollection/docs/extrait_riteSur notre site : http://www.moutons-electriques.fr/livre-396

Juin 2016

En cette fin de printemps, un prix vient d’être remis qui nous fait particulièrement chaud au cœur : notre graphiste principal, Melchior Ascaride, a obtenu le prix Imaginales 2016 « pour l’identité graphique des Moutons électriques » (bravo !). Après toutes ces années à défendre des couvertures qui sortent de la tradition d’illustration pour aller vers le graphisme, ce prix vient comme une validation de cette approche esthétique qui nous est chère. Et tenez, nos quatre dernières nouveautés portent toutes des couvertures du sieur Ascaride.

Bordée de tentacules, celle du Eschatôn d’Alex Nikolavitch met bien en valeur le fait que le premier roman de ce scénariste et traducteur de BD relève à la fois du space opera et du « lovecraftien ». Aventures et métaphysique s’y mêlent comme il se doit, avec une très belle réflexion sur le fanatisme religieux et la manière dont il modèle gens et sociétés. Cathédrales volantes, moines soldats, fantastique et monstres d’outre-espace : le souffle de la grande aventure !

D’une dominante sépia et hantée de dirigeables, la couverture des Cœurs enchaînés de Nicolas Le Breton dit bien l’appartenance de ce roman au sous-genre du steampunk. Cette suite et fin du diptyque « Pax Germanica », commencé avec Les Âmes Envolées/ (paru en 2014), suit l’épopée d’un dirigeable où l’équipage mêle figures historiques et personnages de fiction. Entre roman de piraterie et uchronie, ce cycle se situe dans un monde où l’automobile n’a jamais été inventée et où les Zeppelins de l’Alliance Objective règnent et terrorisent : frénétique et époustouflant !

Du bleu translucide de la glace, la couverture de L’Épée de l’hiver de Marta Randall est celle d’un roman culte, un  « classique mineur » de la fantasy américaine. Empli de faux semblants et tout en demi teintes, il s’agit d’un très beau huis clos dans une forteresse encerclée par l’hiver. Un roman un peu oublié que nous avions à cœur de faire redécouvrir dans un contexte où la « fantasy dynastique » à la Game of Thrones connaît un immense succès, et ce dans une traduction révisée.

Et puis un ours sur grand fond de neige couvre Shakti, la suite de la série des « Sentiers des Astres » de Stefan Platteau, ô combien attendue et qui fait déjà un démarrage magistral. L’on s’y s’attache à la fois au destin des membres de la gabarre, qui poursuivent leur progression, et au récit d’une vie : dans le premier tome, il s’agissait de l’existence du demi-dieu Manesh ; cette fois, l’auteur commence à nous raconter la vie de la courtisane Shakti. Rarement une plume de fantasy aura été aussi lyrique, profonde et forte.