Notez que nous ne serons présents qu’en pointillés au salon Livre Paris (ex Salon du Livre) cette année : nous aurons quelques titres en vente sur le stand Nouvelle Aquitaine ; Nicolas Texier signera vendredi soir, invité d’ActuSF sur le stand des Indés de l’imaginaire, de 17h à 20h ; et Stefan Platteau signera samedi, invité sur le stand de Wallonie Bruxelles, de 14h à 15h. De plus, Jean-Christophe Lebert, qui a prêté sa voix dans les versions audio de Gagner la Guerre et de Rois du Monde, fera une lecture-démonstration vendredi, de 12h à 13h30, sur le stand Audible.
Journée des droits des femmes
Terri Windling, Nathalie Dau, Lisa Goldstein, Nelly Chadour, Chloé Chevalier, Christine Luce, Sara Doke, Amandine Labarre, Estelle Faye, Julie Proust Tanguy : merci ! À chaque droit gagné, la littérature s’améliore.
Mars 2018
Mais comment ça, on est en mars ? Déjà ? Pfouh, que le temps file, enfin, heureusement que nous ne chômons pas : encore de bien belles nouveautés ovines ce mois-ci.
Fidèle à notre volonté de proposer des romans de fantasy réellement forts et originaux, qui soient à la fois d’excellentes histoires et des romans avec un brin d’ambition stylistique, voici Femmes d’argile et d’osier de Robert Darvel. Pure aventure et splendide « réalisme magique », un livre puissant, d’une poésie et d’une inventivité absolument remarquables : beau ! [Version numérique disponible]
Renouvelant avec nos amis des Indés de l’imaginaire l’opération « le mois de Lovecraft », nous y inscrivons cette année le réjouissant premier roman de Lazare Guillemot, 115° vers l’épouvante, mêlant polar, fantastique et humour. Un auteur d’une verve jubilatoire, pour un court récit d’aventures, lisible au premier degré, léger, inventif, rapide. [Version numérique disponible]
En format de poche Hélios, retour d’un de nos succès les plus rapides de ces dernières années : Véridienne de Chloé Chevalier, le premier volet de ses Récits du Demi-Loup. Si vous ne l’avez pas lu en grand format, foncez : entre fantasy épique et dynastique, le Demi-Loup s’empare de son lecteur pour ne plus le lâcher. [Version numérique disponible]
Enfin, nous avions entamé début 2016 une réédition du roman-feuilleton aussi génial qu’oublié de Léon Sazie, Zigomar . Voici venir les volumes 3 et 4 de la série, toujours trépidants ! Les ventes en librairie furent hélas insuffisantes, nous ne réalisons donc ces deux tomes supplémentaires qu’en tirage limité, histoire de ne pas laisser tomber abruptement cette redécouverte. Nous devrions publier de même les tomes 5 et 6 dans un an ou deux… [Versions numériques disponibles]
La direction littéraire – « Bon sang, pour qui se prend-il, ce Mérédith ? »
Nous vous livrons régulièrement des « mots de l’éditeur » sur nos nouveautés, juste un petit texte à chaque fois afin de vous expliquer, de manière très personnelle, comme en confidence, l’origine d’un livre… Mérédith Debaque, l’assistant éditorial des Moutons électriques, se confie cette fois-ci. Il vous parle de direction littéraire ; il a pour le moment accompagné trois auteurs : Chloé Chevalier, Nelly Chadour et Nicolas Labarre, et il dirige l’anthologie humanitaire « SOS Terre et Mer » en compagnie de Christine Luce (financement en mars).
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« Diriger » un roman est une drôle d’opération, un peu embarrassante pour tout vous dire. Imaginez-vous vous introduire dans la maison d’un ami pour discuter du choix de son mobilier, de l’emplacement de son tableau, et de fil en aiguille, lui conseiller une nourriture plus variée ou lui indiquer la meilleure manière d’aérer son logis. C’est passionnant bien sûr de devenir cet œil extérieur, ce point de vue qui jauge le travail immense d’une autre personne, l’observateur soi-disant objectif qui annote les bouts de phrases nés de l’imagination géniale de sa vic… de son auteur. Mais vous êtes un intrus, l’inconnu qui pinaille sur les mots et les points, qui trouve le verbe inadéquat ou trop faible, la réaction absurde ou disproportionnée, l’intrigue convenue ou manquant de panache.
Et puis, le choix du ton à prendre est difficile : faut-il être didactique, pour balancer des leçons comme un prof’ de style — « Du liant, il faut du liant ! » — ou jouer plutôt le rôle de l’humble assistant, qui prétend quand même être de bon conseil — « Je pense,
qu’il serait mieux de… » ? C’est le troisième texte que je « dirige » (je préfère le terme « accompagner », diriger me donne envie d’acheter un fouet), et si je penche largement vers le second type, le premier me rattrape parfois, et avec lui une voix grêle qui semble
chuchoter : « Mais, bon sang, Mérédith, pour qui tu te prends ? »
J’imagine alors l’auteur, outré, scandalisé même, peut-être plutôt hilare, face à mes petites notes, mes ratures timides, mes objections justifiées : « Qui est ce mec qui veut changer MON texte ? Bon sang, pour qui se prend-il, ce Mérédith ? » Malaisé de lui donner tort, à cet auteur qui offre une part de lui-même et que l’on critique aussitôt, avec tout le professionnalisme possible. Il faut réussir à établir un dialogue et, mieux encore, à instaurer une camaraderie complice, se tenir prêt, également, à essuyer refus, rebuffades, engueulades ou, parfois, un silence réprobateur.
Sans aucunement comparer l’exercice à celui d’écrire, intervenir dans la prose d’un autre est un travail laborieux, aussi périlleux que chargé de responsabilité : il faut réfléchir à ce qui est améliorable, à ce qui ne l’est pas, différencier une erreur de la volonté de l’auteur, etc. Puis trouver les bons mots, les bonnes idées et s’engager avec sincérité, parce que si l’on vient désherber le paysage d’un jardinier et lui couper quelques fleurs, il vaut mieux pouvoir expliquer avec justesse et éloquence ses raisons. La tâche est difficile.
Mais je me fais violence, parce que j’ai l’impression que le métier d’éditeur réclame cette attention sévère : examiner les textes à la loupe, traquer leurs points troubles pour qu’ils s’éclaircissent, leur offrir le petit plus d’une première lecture vigilante. Comme l’ingénieur
du son qui enregistre le CD d’un groupe, j’essaye d’aménager un environnement soigné pour le roman que j’accompagne. Tant pis si je bouscule un peu l’auteur, tant pis si je ne suis pas vraiment à l’aise. Pour le moment, malgré ma modeste expérience, le dialogue s’est toujours noué naturellement avec les auteurs, comme s’ils l’attendaient, avec peut-être un peu d’inquiétude, mais je crois aussi que l’échange professionnel les a rassurés : ils ne sont plus seuls pour affronter la publication de leur texte.
Alors je continue de pinailler.