Octobre 2014

En ces temps économiques particulièrement moroses, toute réussite peut surprendre — ainsi notre banquière s’est-elle étonnée la semaine dernière de notre taux de progression, de même qu’un responsable du CNL. Pourtant, la bonne santé d’une maison d’édition demeure forcément fragile et le moindre cahot sur la route peut s’avérer fâcheux. Des cahots sur lesquels nous ne communiquons pas, d’ordinaire, mais cette fois disons-le tout net: nous avons besoin de vous pour sauver un superbe roman. En effet, si les libraires soutiennent massivement certaines nouveautés, cela se fait parfois au détriment d’autres titres.  Cette mutation du monde de la distribution passe selon nous également par une restructuration des liens entre lecteurs et éditeurs, entre lecteurs et auteurs. C’est pourquoi nous faisons appel à vous pour défendre l’un de nos coup de cœur de la rentrée: La Lisère de Bohême, très beau premier roman de l’essayiste Jacques Baudou.

Le souvenir, tout à la fois vivace et diffus, d’une lecture d’enfance qui l’a profondément marquée conduit une jeune femme jusqu’à la maison forestière où un écrivain reconnu fait retraite. Mais leur rencontre, loin de mettre un terme à sa quête, va l’entraîner vers bien d’autres mystères. Un superbe texte sur la lecture, ses réminiscences mystérieuses et les fantômes qu’elle crée. Et il s’agit de l’un des plus beaux objets-livres que nous ayons jamais produit ! Toilé, sous jaquette en épais papier mat, avec gardes couleur, page de titre illustrée, tête de chapitres illustrées et motif courant dans tout le volume (par le graphiste Melchior Ascaride), nous avons vraiment voulu en faire un écrin exceptionnel, d’une qualité comme l’on en voit peu dans l’édition française. Et même pas cher, en plus: commandez-le, voilà un roman qui ne mérite vraiment pas de sombrer dans l’anonymat.

Octobre est d’ailleurs le mois des livres superlativement beaux, chez nous, car avec Tout le steampunk ! d’Étienne Barillier & Raphaël Colson (avec l’aide d’Arthur Morgan), nous avons également poussé l’attention très loin : couverture sur carton brut en coupe franche, reliure toilée, motif embossé dans le premier plat, jaquette couleur, pages entièrement en couleur avec une mise en page extrêmement travaillée… Nous avons voulu que cette véritable bible du steampunk, aux textes formidablement complets, soit d’une sophistication graphique non moins ultime.

Le Dico des créatures oubliées est le 4e et dernier volume de notre série de Dico féeriques, avec cette fois autour d’André-François Ruaud pléthore de collaborateurs et d’illustrateurs, pour une somme à la fois ludique et érudite. Et comme toujours, la qualité de présentation n’est pas en reste, avec le verso de couverture et quatre pages de gardes en couleur, sans parler de l’énorme travail iconographique de toute cette série.

Et puis, sur le front du numérique, nous venons de rééditer en format epub Lee Winters, shérif de l’étrange de Lon T. Williams, un titre « culte » de la Bibliothèque voltaïque, très étrange recueil de western fantastique tiré des pages d’un pulp tardif : les enquêtes d’un shérif du Far West sur quantité de créatures surnaturelles qui hantent les canyons proches de sa bourgade…

Septembre 2014

C’est la rentrée, c’est la rentrée ! Et en bons élèves, les Moutons électriques sont déjà prêts pour une fin d’année passionnante, avec rien moins que quatre nouveautés.

Septembre marque le retour à notre catalogue de l’un de nos titres phares : Hayao Miyazaki, cartographie d’un univers, dans sa version en couleur… mais complété d’encore 8 pages, où les deux auteurs couvrent l’ultime film du maître japonais.

En parallèle de Futurs? de Nicolas Nova, qui étudie les nouvelles pistes que notre imaginaire explore pour penser l’avenir (paru fin août), Alex Nikolavitch brosse le tableau dans Cosmonautes! de toute l’histoire d’un imaginaire, celui de l’exploration spatiale. La science-fiction est toujours là, même si elle se déploie désormais vers des horizons parfois inattendus, et nos essayistes continuent d’en scruter les lignes de force, les grands thèmes et les grandes figures — comme celle du cosmonaute, le conquérant de l’espace.

Le monde du crime et du polar fait également pleinement partie du spectre des genres couverts par les Moutons électriques depuis leurs débuts, avec la Bibliothèque rouge, et pour son 26e volume cette collection revient sur les traces du plus grand des mythes criminels : Jack l’Éventreur ! Jack l’Éventreur, les morts d’André-François Ruaud & Julien Bétan est le livre de référence idéal sur cette sombre affaire, ses tenants et ses aboutissants, et brosse le portrait halluciné de la Londres victorienne de l’East End. Jack l’Éventreur : des crimes réels mais un criminel fictif.

Nous proposons dans la collection de poche Hélios la traduction d’un roman inédit de Thomas Burnett Swann (1928-1976), le grand écrivain américain de fantasy mythologique, qui tisse avec Plus grands sont les héros un roman touchant et captivant sur la base d’éléments bibliques revus à la lumière enchantée du pouvoir des mythes. Par Patrick Marcel, le traducteur du Trône de fer.

Enfin, sur le front du numérique, deux rééditions de notre fonds arrivent : le « weird west » pulp de Lon T. Williams, Lee Winters shérif de l’étrange, et la superbe uchronie de Michel Pagel, Orages en terre de France.

Sur une note beaucoup plus triste, nous devons saluer l’une de nos fidèles, l’illustratice aixoise Michelle Bigot, qui vient de disparaître, le 25 août dernier, à l’âge de 85 ans.

Août 2014

Alors qu’une partie de l’équipe se prépare à partir pour se prom… euh, travailler à Londres, dans le cadre de la convention mondiale qui s’y déroule du 14 au 18, et alors que ne va plus tarder à arriver dans nos bureaux notre nouvel assistant éditorial (eh oui), les stocks de nos nouveautés de la fin du mois sont déjà arrivés.

L’an passé, souvenez-vous, nous avions offert au fameux roman de Jean-Philippe Jaworski, Gagner la guerre, un écrin digne de sa réputation. Une édition de luxe qui est presque épuisée maintenant, et à laquelle, devant un tel succès, nous avons donc décidé de donner un exact équivalent pour Janua Vera du même auteur. Cette fois, bord des pages jaune (au lieu de rouge), mais tout le reste de la présentation à l’identique, il s’agit vraiment d’un volume compagnon : couverture cartonnée, titre embossé, signet, ce deuxième volume de luxe est tout aussi beau — et indispensable, bien entendu.

L’an passé également, nous avions, avec nos partenaires du collectif les Indés de l’Imaginaire (les éditions Mnémos et ActuSF), lancé avec un joli succès une « rentrée de la fantasy française ». Pour ne pas nous répéter mais continuer à progresser ensemble, cette fois c’est la « rentrée du futur » que nous allons célébrer, avec une série de romans et d’essais sur la science-fiction. Un genre que quelques esprits chagrins voudraient bien prétendre moribond, ce qui reconnaissons-le arrange sans doute les sectaires de la culture officielle. Eh bien, qu’ils se détrompent : la science-fiction est toujours là, même si elle se déploie vers des horizons parfois inattendus. Ce sont ces perspectives, les nouvelles pistes que notre imaginaire explore pour penser l’avenir, qui sont étudiées avec une intelligence aiguë par Nicolas Nova dans Futurs ?, un superbe essai à la couverture fluo et au texte dynamite.

Et puis dans le cadre de la collection de poche Hélios, ce sont les pirates qui montent à l’assaut des étoiles ! Avec Les Pilleurs d’âmes de Laurent Whale (prix Rosny aîné 2011, excusez du peu) et dans Bloody Marie de Jacques Martel, voici que se mêlent space opera et piraterie. Deux romans réjouissants, agrémentés d’une bonne dose d’action, de combats spatiaux et d’enquêtes, pour des histoires épiques et magistrales. SF not dead, pirates non plus ! Pour utiliser une formule bien connue, c’est le souffle de la grande aventure.

Juillet 2014

Traditionnellement, il n’y a pas de nouveautés en librairie au mois de juillet — qu’allons-nous donc vous raconter ce mois-ci, alors ? Eh bien, justement, en dehors de la tradition sont les livres numériques, qui ont une bien plus grande souplesse de parution. Par conséquent et puisque nous en avions deux nouveaux de prêts, nous les avons programmés sur juillet.

Il s’agit du Casino perdu de Michel Pagel, l’un des deux romans que nous avions réédités en papier dans un volume anniversaire en début d’année. Le concept de ce roman de science-fiction est original : quatre mondes séparés par un phénomène de décalages temporels, qui se livrent une étrange guerre par le biais d’un grand jeu. Aventures, exotisme, suspense, il s’agit pour nous d’une œuvre majeure de la SF française.

Décalages temporels aussi dans Poupée aux yeux morts de Roland C. Wagner, tiens, puisque l’intrigue débute par le retour sur Terre d’un cosmonaute — qui n’a pas vieilli alors que sa planète, et son ancienne fiancée, semblent inchangées, à l’inverse des lois physiques fondamentales, notamment le paradoxe de Langevin. Que se passe-t-il? Pourquoi le monde est-il devenu si étrange? Un des romans majeurs de l’auteur, paru à l’origine sous la forme d’une trilogie, qui obtint le prix Rosny aîné en 1989.

Disponible en papier comme en numérique, Un éclat de givre est le nouveau roman d’Estelle Faye, qui vient juste de paraître. Tout de suite très remarqué, il a fait l’objet d’une superbe chronique par « Oncle Joe » sur le site ActuSF, qui estime que : « Pour survivre tant que faire se peut à la Fin du Monde, semble dire Estelle Faye, la civilisation sera contrainte de rejouer son propre spectacle, dans une gigantesque pièce de théâtre dont on ne se souviendrait du texte que par brides, et dont ce qu’il reste des décors un peu trop monumentaux aura tendance à tomber en ruine : alors, on recolle, on rafistole, on ravaude tout cela comme on peut. Le Paris futur d’Un éclat de givre est comme la scène de ce théâtre, et ses habitants, comme des acteurs un brin libertaires, incapables de suivre les consignes d’un metteur en scène, s’il s’en trouvait un pour tenter de mettre un peu d’ordre dans le spectacle. Une traversée de Paris fantasmatique, étrangement poétique et attachante. »

Enfin, l’été dernier nous avions publié un tirage limité du premier roman de Jean-Philippe Jaworski, Gagner la guerre. Bien nous en avait pris, car il s’arracha au point de s’être épuisé en fin d’année. Il nous a donc semblé judicieux de refaire l’opération, avec cette fois le recueil Janua Vera, qui se déroule dans le même univers. Nous l’avons fabriqué à l’identique : couverture blanche de notre graphiste Sébastien Hayez, titre embossé, signet (noir, cette fois) et bord des pages peints (en jaune vif, cette fois). Un volume parfaitement coordonné avec le précédent, comment pourriez-vous résister ?