Avril 2014

Bien sûr, il faut éviter les effets artificiels d’annonce et il ne s’agit pas de trop faire mousser la moindre sortie, mais en matière de « comm » éditoriale, il ne faut pas non plus être trop allusifs/laconiques, trop silencieux… Tout cela pour vous dire que ce mois-ci, nous sommes particulièrement fiers d’annoncer un tout nouvel auteur et la suite du grand retour d’un autre. Une découverte et une redécouverte. Roulements de tambour.

La redécouverte, c’est bien entendu celle de Dominique Douay, cet auteur qui fut l’une des plumes majeures des années 1970-80 en matière de science-fiction et qui, après une douzaine de livres, se fit soudain silencieux. Il revient aujourd’hui sur le devant de la scène, avec le mois dernier la réédition dans la collection de poche Hélios d’un de ses chef-d’œuvre, un roman coup de poing grinçant et captivant, L’Impasse-temps. Et ce mois-ci, toujours en Hélios, nous vous proposons un inédit adapté d’une de ses nouvelles: Car les temps changent, roman non moins puissant, très « dickien » et proprement vertigineux. Et ce n’est pas fini, promis : Douay retravaille actuellement deux de ses anciens romans, il a quelques inédits sous le coude et nous ferons encore d’autres rééditions, en grand format comme en « Hélios ». Un auteur aussi fascinant mérite tous nos efforts !

Une découverte, disions-nous : un tout nouvel auteur, venu de Belgique, Stefan Platteau, déjà un peu connu comme musicien et qui se lance ici dans une prose lyrique et… nous allions écrire « torrentielle », mais l’image ne conviendrait pas à ce roman se déroulant pour moitié à la surface d’un immense et ample fleuve. D’ailleurs, le mot « ample » lui convient sans doute mieux, s’agissant du premier tome d’une trilogie. Recommandé par Ayerdhal, commenté par Justine Niogret et Jean-Philippe Jaworski, voilà un manuscrit qui arrivait avec des lettres de noblesse assez impressionnantes. Et disons-le nettement : il nous semble avec Manesh avoir déniché une nouvelle perle rare, une littérature de fantasy d’une splendide maturité, traversée d’éclats mythiques d’une très grande beauté.

L’orgueil n’est sans doute pas notre péché majeur, mais avouons tout de même que nous sommes plutôt fiers, ces temps-ci : le tirage du premier recueil de J.-H. Rosny aîné a été immédiatement placé en entier (il faut donc se dépêcher d’aller l’acheter en librairie avant épuisement total) et il en a été de même de celui des Souffles ne laissent pas de traces, le polar préhisto de Timothée Rey, dont nous venons donc de faire déjà un deuxième tirage.

Mars 2014

Il y a des tas de moments de bonheur, dans la vie d’un éditeur. Par exemple lorsqu’un collaborateur, auquel nous avions accepté un premier projet, revient vers nous en ayant si profondément transformé le projet en question qu’il nous propose soudain non plus un mais trois volumes… Et nous, parce que nous avons un peu un grain (il faut être sérieusement cinglé pour devenir petit éditeur indépendant, croyez-nous), au lieu de pousser des cris d’orfraie, de nous réjouir de cette manne soudaine ! Car, jugez un peu : Fabrice Mundzik nous proposait de réunir trois volumes de textes rarissimes du grand J.-H. Rosny aîné. Impossible de refuser un aussi beau projet, apporté sur un plateau d’argent : nous avons donc bouleversé le programme de la collection Rayon vert pour cette année et inscrit à la place cette trilogie.

Tout cela pour vous dire que décidément, après le polar de Timothée Rey en janvier, cette année débute chez nous sous le signe de la fiction préhistorique ! Les Conquérants du feu est le premier tome de la trilogie « Légende des millénaires », un exceptionnel recueil de J.-H. Rosny aîné uniquement constitué de textes jamais réédités jusqu’alors. Avec même deux fragments perdus de la Guerre du feu ! Le deuxième tome sortira en mai (récits d’aventures) et le troisième en novembre (récits d’anticipation). Une somme inégalée !

Nicolas Le Breton est pour le moment un écrivain discret, mais nous croyons beaucoup en lui et il nous prépare pour la fin d’année un roman steampunk aussi réjouissant qu’ébouriffant. En attendant, et mine de rien, une de nos meilleures ventes est son polar médiéval lyonnais, La Geste de Lyon, qui en est maintenant à sa septième édition — excusez du peu ! Le voici donc de nouveau réédité, sous une couverture rafraîchie.

Le mois dernier, nous vous annoncions la reprise de la revue Fiction par le collectif des Indés de l’Imaginaire, pour une nouvelle formule toute en couleur. Eh bien, ça n’en est pas fini du dynamisme impulsé par notre collectif : nous relançons également la collection de poche Hélios, avec deux titres en mars.

Ubik le scénario est un texte rare de Philip K. Dick, un projet étrange et décalé, adaptation par l’auteur même de son roman le plus célèbre. Le résultat fut assez raté en tant que scénario mais carrément fascinant en revanche en tant que mouture alternative du roman. Nous rééditons donc ce texte étonnant, sous une préface du docteur ès-Dick, Étienne Barillier, et une couverture cuivrée de Sébastien Hayez.

On parle souvent de notre travail de création et de découverte de jeunes auteurs, mais relancer un écrivain qui avait quitté la scène littéraire depuis déjà un bon moment est un autre défi qui nous plaît. Dominique Douay, grande plume des décennies 1970-80, fait son grand retour avec la réédition en Hélios d’un de ses chef-d’œuvre, un roman coup de poing grinçant et captivant, L’Impasse-temps. En avril, nous vous proposerons aussi, toujours en Hélios, un inédit adapté d’une de ses nouvelles : Car les temps changent, roman non moins puissant, très « dickien » et proprement vertigineux. Et ce n’est pas fini!

Février 2014

Nous n’avons pas même tout à fait terminé nos différents déménagements que déjà une avalanche d’ouvrages nous arrive, car l’actualité n’attend pas… Avec un mois de février sous le signe des renaissances et des projets de longue haleine parvenant enfin à leur terme : d’excellents moyens pour nous de continuer à célébrer notre dixième anniversaire, tout en nous installant confortablement dans nos nouveaux locaux et dans la nouvelle année, qui promet d’être fort belle.

Minuscules flocons de neige depuis dix minutes est le titre aussi long qu’évocateur d’un roman de David Calvo que nous remettons à notre catalogue dans le format actuel, avec un texte corrigé et une postface nouvelle. Sans doute est-ce l’un des plus beaux romans de la « période ancienne » des Moutons (quand nos livres étaient en petit format), une virée à Los Angeles sur fond de psychogéographie et de théories du complot, et c’est pourquoi nous tenions à lui donner une deuxième vie. Les fans de Roberto Bolaño, mais aussi de David Lynch et de William Gibson, devraient y découvrir un roman franchement ébouriffant.

Longue haleine donc, pour la préparation de l’anthologie Détectives rétro, lentement concoctée trois années durant par Christine Luce, A.-F. Ruaud et quelques précieux conseillers, et qui vous propose 15 nouvelles issues des sources les plus rares. Il s’agit de la crème de la crème des détectives d’antan, un jubilatoire recueil d’enquêtes policières étranges et excentriques, vraiment un concentré de littérature populaire dans ce qu’elle a de plus exubérant et imaginatif. On y croise C. Auguste Dupin, Maurice Parent, Nick Carter, Flaxman Low, Eugène Valmont, Cecil Thorold, Toto Fouinard, Thorpe Hazell, Peter Ruff, Harry Dickson, et encore bien d’autres. Et en prime, nous allons aussi vous offrir sur notre site deux epubs gratuits, reprenant deux autres nouvelles plus récentes mais du même tonneau, par Maurice Limat et Charles Richebourg !

Notre troisième parution du mois est un nouveau volume de notre chère « Bibliothèque rouge », lui aussi en préparation de longue date : Jeunes détectives, les vies. Une équipe de passionnés y passe au crible d’une analyse à la fois littéraire et ludique les destins étonnants de tous ces jeunes gens s’étant piqués de mener des enquêtes — autant d’œuvres ayant accédé au statut « culte » pour de nombreuses générations : le Club des Cinq, Chat-Tigre, le Clan des Sept, P.P. Cul-vert, les 3 détectives, Fantômette, Caïus, Alice, Sans Atout, Détective Conan, Jérôme K. Jérôme Bloche, la Ribambelle et bien d’autres…

Enfin, un grand événement vient marquer la vie de notre maison : une nouvelle formule de la revue Fiction, portée par le collectif des Indés de l’Imaginaire et arborant, dans un format plus grand, une livrée toute en couleur ! Avec de nouvelles rubriques, deux grandes rencontres, un portfolio, une avant-première de Robin Hobb et, bien sûr, toujours le meilleur des nouvelles d’imaginaire. 272 pages d’une qualité enthousiasmante, et ce n’est pas fini : Fiction va sortir trois fois par an, maintenant. Qu’on se le dise, ambition et innovation sont au programme !

Janvier 2014

Une nouvelle année débute, qui promet pour nos vaillants ovins d’être belle et emplie de nouveautés. Une nouvelle année qui va voir paraître chez nous (plus ou moins dans l’ordre) des volumes de Pagel, Rey, Zaccone, Calvo, Rosny aîné, Luce, Amalric, Dick, Douay, Platteau, Ruaud, Bennett, Wagner, Faye, Jaworski, Nova, Bétan, Nikolavitch, Baudou, Swann, Barillier, Colson, Colin, Le Breton, Labarre… Une nouvelle année qui va nous voir participer activement à la relance du label de poche « Hélios » et au rebond de la revue Fiction, plus belle que jamais… Et qui nous voit transférer nos pénates en trois lieux, à savoir le siège principal à Montélimar, un local à Lyon et la direction littéraire à Bordeaux.

Et tout de suite, évoquons nos nouveautés de ce mois de janvier. Nous continuons à célébrer notre dixième anniversaire, avec cette fois-ci la réédition de deux chef-d’œuvre de Michel Pagel, en un seul volume hardcover (relié, toilé, cousu, sous jaquette) : Le Casino perdu, suivi d’Orages en terre de France. Le premier est un planet opera trépidant, basé sur un argument science-fictif complètement original ; et le second est une superbe uchronie.

L’an dernier, nous vous avions fait redécouvrir un immense feuilletoniste ayant sombré dans l’oubli, Pierre Zaccone, avec son polar L’Inconnu de Belleville, qui fut très bien reçu. Forts de cette bonne vente, nous vous proposons donc cette fois de découvrir La Lanterne rouge, un délicieux et captivant roman feuilleton empli à souhaits de rebondissements et de découvertes macabres.

Roman policier encore, avec le tout premier roman d’un auteur, Timothée Rey, dont le talent de nouvelliste fut reconnu lors de la parution des deux recueils que nous lui avons consacrés. Se frottant pour la première fois à la forme longue, Tim Rey a développé un univers préhistorique saisissant de réalisme, où… un chamane détective mène l’enquête sur une série de meurtres énigmatiques ! C’est drôle, neuf, brillant, pétillant, plein de suspense et de trouvailles formidables, enfin bref : pour nous, Les Souffles ne laissent pas de traces s’impose comme l’un de nos titres majeurs de la nouvelle année, carrément. Pour les amateurs de numérique, notez que la version epub sort en même temps que le papier.

Enfin, une piqure de rappel : la parution en fin d’année dernière d’un tirage limité du Théâtre de Flaubert, dont en particulier sa pièce féerique « Le Château des cœurs ».