Mai 2016

Quatre nouveautés : deux fantasy grand format et deux poches, c’est le programme qui nous plaît en ce mois de mai.

Mon premier est très attendu : après le succès de Manesh, la suite de la série des « Sentiers des Astres » de Stefan Platteau, Shakti ! Suite directe de Manesh, Shakti s’attache à la fois au destin des membres de la gabarre, qui poursuivent leur progression, et au récit d’une vie : dans le premier tome, il s’agissait de l’existence du demi-dieu Manesh ; cette fois, l’auteur commence à nous raconter la vie de la courtisane Shakti. Rarement une plume de fantasy aura été aussi lyrique, profonde et forte. (Titre dispo en numérique)

Mon deuxième est une surprise : un roman américain traduit, voilà qui n’arrive pas souvent chez les Moutons électriques, portés sur la création francophone. Mais cette exception vient d’un coup de cœur : L’Épée de l’hiver de Marta Randall (trad. Nathalie Serval) est un roman culte, un  « classique mineur » de la fantasy américaine. Dans un contexte où la « fantasy dynastique » à la Game of Thrones connaît un immense succès, ce formidable huis clos dans une forteresse encerclée par l’hiver devrait se faire remarquer par sa beauté. (Titre dispo en numérique)

Mon troisième est un autre roman culte : Les Magiciens de James E. Gunn (en Hélios). Un génial roman précurseur de la « fantasy urbaine », où les forces de la magie s’introduisent au sein d’une forme de la littérature noire typiquement californienne, qui de Ross Macdonald à Sue Grafton en passant par la série télé Mannix a imposé son mélange de gouaille, d’enquêtes avec détective privé et d’atmosphère urbaine. (Nouvelle traduction)

Mon quatrième est un autre chef-d’œuvre de James E. Gunn : Le Pont sur les étoiles, cosigné avec le vétéran Jack Williamson. Ce roman datant de 1957 est tout simplement le parfait archétype du space opera. Formidablement évocateur, stylistiquement assuré, captivant bien sûr, Le Pont sur les étoiles s’impose comme un concentré du meilleur du genre. Une fable du futur, âpre et lumineuse. (Traduction révisée)

En quatre nouveautés, ce mois-ci, nous couvrons un large spectre des littératures de l’imaginaire et cela, avec quatre romans relativement courts, dont la force tient nettement dans leur propos plutôt que dans leur ampleur.

Allison plane en écoutant de la musique : littéralement ! Désireuse de comprendre, elle se lance à la recherche des fréquentations de son père, musicien mort quand elle était petite, puis part en Angleterre pour rencontrer un journaliste qui semble connaître le phénomène. Puisant dans son goût pour la musique pop des années 90, Laurent Queyssi propose une comédie douce-amère sur l’adolescence, les origines et le passage à l’âge adulte. Un voyage dans le temps tout intérieur, qui fait un bien fou et rend aussi léger que lorsque l’avenir est encore, à nos yeux illimité. (titre également dispo en numérique)

Dur silence de la neige de Christian Léourier est un autre roman court que le nouveau petit format nous permet de proposer enfin. Il n’est pas toujours aisé pour un auteur de se trouver « enfermé » sous une étiquette. Si Christian Léourier est bien connu en littérature jeunesse, dans le domaine pour adultes son nom est synonyme que de science-fiction et pourtant, ce grand auteur a ressenti le besoin de livrer un beau roman de littérature classique, âpre, sombre et prenant. Pour nous, son style se compare réellement au meilleur d’un Jean Giono ou à Un crime de Bernanos, c’est dire s’il s’inscrit bien dans une littérature d’une ruralité puissante — loin des sentiers de la SF mais d’une ambiance fantastique, quoique le surnaturel ne surgisse jamais. (titre également dispo en numérique)

Rite de passage d’Alexei Panshin est la redécouverte d’un roman culte de la SF, prix Nebula 1968. Fillette ordinaire, juste un peu petite pour son âge, Mia habite au Quatrième Niveau, Alfing Quad, avec son père Miles Havero, mathématicien et membre du Conseil du Vaisseau. Son autobiographie est rédigée de manière très convaincante, avec franchise (elle reconnaît dès la première ligne qu’elle a certainement un peu inventé les passages de l’histoire dont elle ne se souvenait pas bien), clarté, et une touche d’humour intelligent. Fine mouche, elle ne manque jamais de nous exposer les tenants et les aboutissants d’un fait — quand c’est à sa portée, du moins. Une autobiographie, mais dans un cadre de science-fiction — celui d’un immense vaisseau spatial, où vit toute une société en vase clos. Un roman majeur, en nouvelle traduction.

Ce qui réunit tous ces titres, c’est à la fois leur format : ils sont courts, alors qu’en littératures de l’imaginaire on favorise souvent les pavés ; et ils sont plutôt « écrits de l’intérieur » (comme disait Cortázar) que « vus de l’extérieur » comme on le pratique le plus souvent en littératures de genres. Notre quatrième roman du mois, lui, est d’une narration plus classique en imaginaire et rejoint des passions souvent abordées dans notre catalogue : l’ère victorienne, Dracula, Jack l’Éventreur, Londres… Dans un thriller aussi puissant qu’original, Je suis le sang, Ludovic Lamarque & Pierre Portrait font se croiser deux mythes criminels, deux intrigues : celle, réelle restée jusqu’à ce jour mystérieuse, et l’autre, romanesque, dont ils révèlent les ressorts cachés… (titre également dispo en numérique)

Mars 2016

Un mois de mars où nombreux sont, pour le troupeau électrique, les événements de toutes sortes…

Un premier événement, c’est le retour de Michel Pagel : cet excellent écrivain s’est fait très discret depuis quelques années, après une carrière pourtant aussi belle que prolifique, et c’est avec bonheur que nous publions Le Club. La puissance de ce roman, c’est qu’il joue sur nos peurs, sur nos doutes d’adultes en nous confrontant à notre imaginaire d’enfants. Le vertige central de son récit, c’est cette existence d’un groupe de personnes qui appartiennent à la fiction : comment peuvent-ils être réels, qui cherche à les éliminer, et pourquoi?

Auteur majeur des littératures de l’imaginaire, Michel Pagel tissa notamment au fil des ans un cycle fantastique d’une ampleur inédite : La Comédie inhumaine. Revenant sur cette œuvre, indisponible depuis 11 ans, l’auteur a souhaité en livrer une version révisée et définitive, à laquelle il a ajouté une longue préface et un épilogue inédit. Cette fois la boucle est bouclée, et c’est sous la forme d’une édition de prestige, luxueuse et en tirage limité, que nous avons décidé de la livrer : une souscription plus tard, voici donc enfin ces huit beaux volumes d’un coup — ça c’est de l’événement !

Source des tempêtes de Nathalie Dau, c’est un roman auquel nous croyons énormément. Pour nous, il s’agit d’un premier tome d’un cycle majeur du merveilleux francophone, du niveau d’un Jaworski ou d’un Platteau à tout le moins. À travers une langue ample, charnue, travaillée, Nathalie Dau créé une fantasy mature, un univers puissamment féerique et épique, pour y faire vivre des personnages criants de vérité, dans leurs faiblesses et leurs forces, leurs lâchetés et leurs courages, leurs haines et leurs amours. En suivant le périple de Cerdric et Ceredawn, du chevalier et de son petit frère faë, nous avons ressenti cette émotion, si rare, d’avoir sous les yeux un véritable grand récit magique, de ceux qui vous happent et ne vous relâchent qu’une fois la dernière page atteinte.

Enfin, le quatrième événement du mois, c’est le retour d’un grand mythe : le Roi des Détectives est de retour ! Mais oui, Harry Dickson, l’enquêteur de l’étrange rendu légendaire par Jean Ray, double occulte de Sherlock Holmes qui vécut 178 aventures de 1929 à 1938, trouve soudain un nouveau souffle ! Sous la plume fantasque et inspirée de Robert Darvel, ce Londres fantastique retrouve tout son panache. Cinq nouvelles sont au sommaire de ce premier recueil (dont une inédite, plus une postface), dans la collection de poche Hélios Noir, et un deuxième sortira en octobre.

Février 2016

À peine le temps de se retourner et hop! déjà le deuxième mois de cette année neuve. C’est fou.

L’accueil qui a été fait au premier volume de Zigomar a été rien moins qu’enthousiaste, tant cet incroyable roman-feuilleton est captivant, dynamique, jubilatoire. Eh bien, voici par conséquent tout de suite le deuxième volume de ce « bon roman populaire qui se croque avec gourmandise ». Z’à la vie, z’à la mort !

Dans la collection de poche que nous partageons avec deux autres amis éditeurs, « Hélios », nous vous proposons de découvrir ou de redécouvrir l’un des chefs-d’œuvre d’un immense écrivain de SF, Roland C. Wagner. Publiée à l’origine sous la forme d’une trilogie, Poupée aux yeux morts ressort ici dans sa version intégrale, dans le texte définitif révisé par l’auteur en 2008. Récompensée d’un prix Ronsy aîné en 1989, une très grande science-fiction, première œuvre majeure d’une plume incontournable des littératures de l’imaginaire. Un « must ».

La vie d’une maison d’édition, ce sont également des réimpressions à gérer : ainsi venons-nous de procéder à un deuxième tirage du recueil de Jean-Philippe Jaworski en « Hélios », Le Sentiment du fer, qui s’est déjà vendu à plus de 6000 exemplaires ! Et en attendant un deuxième volume en approche (parution mai), nous avons aussi réédité le superbe Manesh de Stefan Platteau, arborant fièrement la mention de son prix Imaginales 2015.

Une comédie sur Oscar Wilde, aux Moutons électriques ? Eh oui, vous connaissez notre attachement à la période victorienne, que nous avons souvent traitée à travers des mythes tels que Dracula et Sherlock Holmes. Depuis plusieurs années nous avions envie d’enfin proposer une traduction de L’Œillet vert de Robert S. Hichens, sulfureux et hilarant roman à clef datant de 1894, qui même en langue anglaise a seulement été réédité en 2009. Un plaisir !