Décembre 2017

Le temps file, file, et revoici déjà la saison festive. Au moment où nous écrivons ces lignes, le ciel est fort sombre sur Bordeaux, la froidure avance et l’on nous dit qu’il a neigé à Toulouse… Alors donc, fêtes et cadeaux, et quoi de mieux qu’offrir un livre ? Eh bien, offrir plusieurs livres, bien sûr !

Une de nos nouveautés récentes qui rencontre un joli succès et semble se vendre très vite est le Pierre-Fendre de Brice Tarvel. Dans un château immense emmitouflé d’un mystérieux magma fuligineux, trois groupes se lancent à travers des salles-territoires dont chacune abrite une des quatre saisons. Il y a dans Pierre-fendre à la fois des images puissantes, une aventure parfaitement menée, de l’humour, une générosité de vocabulaire, des personnages attachants… Un roman charnu, poétique, drôle et prenant, un texte fort et « grand public » au meilleur sens de l’expression.

Vous nous connaissez, nous sommes gourmands de beaux objets livres, et nous prenons même le luxe de produire de façon régulière des micro-tirages pour le plaisir bibliophilique. Il y en a toute une série encore listée au menu « Tirages limités ». Et en particulier, le tout dernier, Le Roi cornu, suivi de Dévoreur par Stefan Platteau, réunissant la longue nouvelle « Dévoreur » que nous avions publiée en petit volume cartonné, avec une version légèrement retouchée de la longue nouvelle « Le roi cornu », parue en anthologie, plus deux petits textes de commentaire en bonus, sur l’univers des Sentiers des Astres. Le tout sous une jaquette inédite de Melchior Ascaride pour compléter un bel écrin d’exception.

Un bien joli cadeau également : notre abonnement-souscription pour les 6 prochains mois. Une pré-commande exceptionnelle pour 6 de nos prochains romans, à paraître entre janvier et juin 2018… Vous recevrez ainsi ces nouveaux romans directement chez vous, et ces souscriptions sont réellement une aide non négligeable afin de soutenir notre maison d’édition dans son travail, en amont des parutions… avec pour vous, la garantie de découvrir 6 beaux romans au fil des mois !

Les beaux livres ne manquent pas, à notre catalogue, et c’est particulièrement le cas des quatre « artbooks féeriques » que nous venons de sortir, quatre explorations des œuvres et des vies de certains des plus grands illustrateurs du merveilleux et de la féerie. Arthur Rackham est sans doute le plus fameux d’entre eux, celui qui initia, des deux côtés de l’Atlantique, la tradition des grands et gros albums reprenant des textes classiques très largement illustrés : la fine fleur du conte et du merveilleux fut enluminée par ce grand maître, spécialiste des gnomes tordus, des arbres crochus et des couleurs fondues.

Les abonnements sont de retour !

https://moutonselectriques.wixsite.com/abonnement2017-2

Et si vous, lecteurs, participiez à notre développement, de manière directe ? Si vous financiez le futur des Moutons électriques ? Pour cela, nous relançons pour le 1er semestre 2018 notre formule exclusive d’abonnement / souscription.
L’offre est belle : 6 romans inédits et un beau livre féerique pour seulement 90 euros (pour une valeur réelle dépassant 140 euros). Et bien sûr leur version numérique si elle existe.

De janvier à juin, vous recevrez, au fil de leur parution :

  • Janvier : L’Ordre du labyrinthe de Lisa Goldstein (trad. P. Marcel), une fantasy urbaine où spiritisme, société secrète de magicien, grand spectacle et meurtres se mélangent. Comment sortir du Labyrinthe ? (http://www.moutons-electriques.fr/ordre-labyrinthe)
  • Février : Le Chaudron brisé de Nathalie Dau. Un récit d’inspiration celtique, entre fantasy historique et urbaine, où d’anciennes entités et leurs guerres éternelles impliquent des mortels. Augusta Quinn et Alwyn Archtaft parviendront-ils à reformer le chaudron brisé ? Ou finiront-ils entre les crocs de Affang, le terrible démon des eaux ? (http://www.moutons-electriques.fr/chaudron-brise)
  • Février : Opération Sabines de Nicolas Texier. Entre roman d’espionnage et fantasy, suivez le jeune enchanteur Caroll Mac Maël Muad et son domestique Julius Khool, ancien soldat maure aux rêves brisés mais à la gouaille sans faille, alors que les deux compères se retrouvent mêlés bien malgré eux à une affaire d’État. Les obstacles seront nombreux, leurs ennemis de tous les horizons, naturels comme… surnaturels. (http://www.moutons-electriques.fr/operation-sabines)
  • Mars : Femmes d’argiles et d’osier de Robert Darvel. Osez l’exotisme de ce roman d’aventures où la réalité dérape, où l’histoire bifurque vers la contrée des contes… (http://www.moutons-electriques.fr/femmes-argile-osier…)
  • Mai : L’Épouse de bois de Terri Windling. Un grand classique de l’imaginaire américain, réédité dans un écrin de luxe : relié et semi-toilé. La traduction a été révisée et corrigée. Dans le désert, la vie n’a pas le même rythme qu’ailleurs. Les choses sont plus pures… les mystères plus profonds. (http://www.moutons-electriques.fr/epouse-bois)
  • Juin : Le Camphrier dans la ville flottante de Nicolas Labarre. Une cité contenue dans un bateau, un élusif camphrier, et une équipe de vidéastes à la recherche d’un contrat juteux. Entre dystopie et poésie de fin du monde.(http://www.moutons-electriques.fr/camphrier-ville-flottante)

Mais ce n’est pas tout. Si nous dépassons la centaine d’abonnés, nous offrirons en plus 3 livres de poche!

Redécouvrez avec les Moutons électriques les littératures de l’imaginaire. Un voyage en dehors des sentiers battus, que vous ne regretterez pas.

« Le Monde du vingt-cinquième siècle » par Fabrice Mundzik

http://www.moutons-electriques.fr/vingt-cinquieme-siecle

http://www.moutons-electriques.fr/vingt-cinquieme-siecle

Nous vous livrons régulièrement des « mots de l’éditeur » sur nos nouveautés, juste un petit texte à chaque fois afin de vous expliquer, de manière très personnelle, comme en confidence, l’origine d’un livre… Cette fois-ci, Fabrice Mundzik vous dévoile l’origine d’une envie : celle de rééditer « Le Monde du vingt-cinquième siècle » de Charles Kymrell. 

***

Je suis curieux… très curieux. J’aime chercher, encore et toujours, être surpris, et découvrir des textes anciens, peu connus, voire totalement oubliés. Les Moutons électriques ont déjà publié une série de volumes, issues de mes recherches sur les frères J.-H. Rosny (La Légende des Millénaires, 3 vol.) [LIEN] et Renée Dunan (Le Roman de la Fin des Hommes) [LIEN].

Ce que j’apprécie le plus, dans la quête de textes anciens, ce sont les découvertes inopinées, les « trouvailles » involontaires, puisque, dans le cas du Monde du vingt-cinquième siècle, de Charles Kymrell, la recherche menée portait sur un tout autre sujet (Gaston de Pawlowski, pour tout vous avouer).

La phrase d’ouverture de ce roman m’a interpellé :« L’an 2400 après Jésus-Christ, la ville de Bombay, capitale de la République Hindoue, inaugurait une nouvelle salle de spectacle [un Opéra]. C’était le 1er mars, premier jour de l’année et, en même temps, du vingt-cinquième siècle de l’ère chrétienne. » J’ai, en effet, immédiatement pensé à « La Sortie de l’Opéra en l’an 2000 », d’Albert Robida, un auteur que j’apprécie énormément.

Quelques chapitres plus loin, le « Téléphoscope » — un « appareil à vision éloignée » qui évoque le « Téléphonoscope » de Robida —, fait son apparition. Dans son récit, Charles Kymrell aborde de nombreux sujets, tels que l’émancipation de la Femme, les loisirs, la santé, l’économie politique, l’alimentation, les mœurs, les transports, etc. Le Monde du vingt-cinquième siècle, publié en 1898, serait-il un plagiat de Le Vingtième Siècle (1883) et La Vie électrique (1890) ?

Absolument pas ! Il a sa propre identité, même s’il existe des similitudes, c’est indéniable : l’influence d’Albert Robida est bien prégnante. Toutefois, Kymrell ose, dans certains domaines, aller bien plus loin que son illustre prédécesseur. Les idées foisonnent, dans ce récit exceptionnel. L’auteur lâche les brides de son imagination et nous délivre un véritable feu d’artifice d’anticipations :

En l’an 2400, l’Europe est unifiée, de la France aux frontières de l’empire de Chine — les États-Collectifs sont dirigés par les quarante membres du Conseil Suprême ; la Grande-Bretagne est rattachée au continent par un pont gigantesque ; l’armée est équipée de missiles téléguidés ; les États-Collectifs ont repoussé les tentatives d’invasions chinoises, alors que l’Amérique est occupée : seuls les Canadiens résistent encore ; un vaste réseau de vidéo-caméras observe l’intérieur du territoire ; les frontières sont surveillées par des « moyens d’observation très puissants » (nos radars) ; les Européens voyagent couramment en « train-éclair », « ballon fusiforme » ou bateau sous-marin ; la femme vit de son travail, le mariage n’existe plus et l’État élève les enfants ; il existe une langue internationale : le « parler universel » ; les travailleurs utilisent des tenues renforcées (des exosquelettes) ; des badges personnalisés (similaires à nos cartes magnétiques) permettent l’ouverture automatique de certaines portes ; de gigantesques usines d’agroalimentaire nourrissent l’ensemble des habitants, l’invisibilité est une réalité, etc. Et ce ne sont là que quelques exemples !

Certaines des innovations prévues par Charles Kymrell sont devenues courantes, banales même, de nos jours ; c’est une des forces de ce roman : le lecteur n’est pas étonné de découvrir des bâtiments équipés d’ascenseurs sans machiniste, d’apprendre que les forces de l’ordre utilisent l’équivalent de nos « Taser » ou de voir un personnage utiliser une lampe de poche. Elles ne faisaient pourtant pas partie du quotidien, en 1898.

Ce roman est réellement plaisant à lire : chaque chapitre apporte son lot de surprises ; le récit est véritablement prenant et les personnages attachants. Le fil conducteur de ce récit est une intrigue amoureuse, mais elle n’est pas omniprésente. Kymrell prend le temps de développer ses personnages et de les faire évoluer au fil du récit. Ses descriptions sont précises et détaillées, sans trop s’appesantir. Les rebondissements sont nombreux et le récit tend parfois vers l’ambiance des romans d’espionnage ou d’aventures, d’où l’impression d’un renouvellement permanent, tout au long de la lecture.

Le Monde du vingt-cinquième siècle est un roman visionnaire qui est, enfin, 120 ans après sa publication en feuilleton, proposé dans un format qui lui rend justice.

À mes yeux, il mérite — n’ayons pas peur des mots ! — une place auprès des meilleures anticipations de la fin du XIXe siècle.

Amaz… par Jo Walton !

Jo Walton n’est pas seulement la grande écrivain que l’on connaît maintenant bien, elle est également une lectrice et chroniqueuse formidable. Et il y a quelques années, elle disait tout le bien qu’elle pensait de Amaz, le superbe roman de Lisa Goldstein qui vient juste de ressortir en poche Hélios :

« a fantasy novel that perfectly captures the experience of being in a foreign country where you only sort-of speak the language and everything is strange. It made me think how astonishing it is that most people thrust into fantasy worlds cope so well and without any of this feeling of only half-getting what is going on and missing the significant subtext. Of course, (…) some of what’s going on is magic, but only some of it. A lot of it has to do with Amaz’s history and current affairs. Also, Amaz is much more genuinely strange than most fantasylands. (…) She makes Amaz work as authentically foreign, and she makes it work in its foreignness, she captures that experience so well, the culture itself is made up, the ways in which it is foreign are universal. I expect everyone has had the experience of being in a foreign country and finding the things that are the same as strange as the things that are utterly different, because of the different context, and of finding something that seems the same on the surface but which turns out not to be. Goldstein takes those universal moments and runs them through the novel.
For the people of Amaz, it’s business as usual. If your wife turns into a bird, that’s a pity; if you find a magic sword that’s nice. The very architecture and layout of the city are reflecting a struggle, and they take that for granted. One side uses jagged script and the other rounded script, and the struggle is reflected in the graffiti. Like a lot of things it’s clear to them even if it’s invisible to tourists. Goldstein invites the reader to consider both points of view, and the book is much richer for that. (…) »