Octobre 2018

Et voilà, un moment d’inattention et c’est déjà l’automne, bon sang, le temps file… Alors du coup, nous avons décidé de fêter Hallowwen, cette année.

Et pour cela, nous rééditons en format de poche trois titres ô combien appropriés pour cette fête de toutes les terreurs ! Débarquent en « Hélios » les Vampires ! d’Élisabeth Campos & Richard D. Nolane, très fortement revu et augmenté ; les Sorcières ! de Julie Proust Tanguy ; et le Jack l’Éventreur, les morts de Julien Bétan & André-François Ruaud, légèrement revu. Trois Hélios peints en noir et en orange fluo, pour frissonner dans les chaumières…

Octobre, c’est également le Mois de l’imaginaire, une célébration de nos littératures de prédilection dans les librairies et les bibliothèques. À cette occasion, la collection Hélios lance ses « Essentiels », trois titres majeurs de notre catalogue : Kallocaïne de Karin Boye, la magistrale dystopie suédoise ; Planète à louer de Yoss, belle satire cubaine ; et L’une rêve l’autre pas de Nancy Kress, fable génétique aux cinq prix ! Trois romans de SF aux thématiques sociétales fortes pour affirmer la richesse de notre imaginaire. Papier bouffant, maquette revue, nouvelle couverture avec titre métal : des sorties marquantes.

Et toujours pour fêter le Mois de l’imaginaire, nous nous sommes avisés que de tous les titres de Jean-Philippe Jaworski, seul son poche, Le Sentiment du fer, n’avait pas fait l’objet d’un tirage de luxe. Alors voici : grand format, 190 pages, maquette identique à Gagner la guerre et Janua Vera, nouvelle couverture et… limitation à 99 exemplaires signés ! Vous avez bien lu, chacun des 99 exemplaires, et pas un de plus, sera signé par l’auteur. Vous ne direz pas qu’on ne vous gâte pas, après ça.

Pour finir, une grande plume fait enfin son retour : Jean-Philippe Depotte entre dans les « Saisons de l’étrange » avec sa Soupe aux arlequins, premier volet des « Fantômes du nouveau siècle ». Marie-Antoinette, une petite arnaqueuse des Halles, a le don pour se fourrer dans le pétrin en cette année 1900, alors que l’Exposition s’apprête à ouvrir : morts et fantômes se pressent alentour…

Septembre 2018

Eh bien oui, c’est déjà la rentrée ! Et d’ailleurs, reconnaissons-le, chez les éditeurs la rentrée ça commence souvent dés la fin août…

Et chez nous, qui dit fin août dit « Rentrée de la fantasy française », avec cette année Margot Delorme et son premier roman, Le Dompteur d’avalanches, qui nous a réellement surpris et séduit par sa fraîcheur. Décors splendides, langue lyrique, créatures étonnantes à la Miyazaki, ancrage dans les folklores alpins. Nous tenons là une fantasy qui sait être à la fois universelle (le pouvoir des mythes) et très française d’expression (la culture savoyarde), le tout dans des décors montagnards qui ne sont vraiment pas très courants dans le genre : une perle, et déjà l’accueil semble excellent.

Et puis voici qu’est arrivé enfin un monstre de beauté, un exploit pour un petit éditeur comme nous : Japon ! Panorama de l’imaginaire japonais, de Julie Proust Tanguy. Un beau livre exceptionnel, un voyage thématique formidable — et un tirage complet entièrement déjà placé en librairie alors ne le manquez pas !

Beauté encore, ô combien : la réédition de notre livre-culte, l’encyclopédie Panorama illustré de la fantasy & du merveilleux, que nous avons réinventée en format semi-poche chez Hélios, avec pas mal de retouches, quelques articles en plus et une iconographie révisée, enfin bref de quoi encore bien vous envoyez en l’air le regard et tout savoir sur les imaginaires du merveilleux, mais cette fois pour pas très cher (mais toujours tout en couleur).

Les deux tomes clôturant la saga Zigomar, de Léon Sazie, arrivent ! Ce génie du mal, qui précédera le Fantômas de Souvestre et Allain de quelques mois, fit frémir les lecteurs dans le journal Le Matin entre 1910 et 1912. Jamais réédité depuis la première moitié du vingtième siècle, c’est une portion importante de la littérature populaire qui est remise à sa juste place : à la disposition des lecteurs. Les volumes 5 et 6 réunissent le dernier cycle, Peau-d’Anguille.

Enfin, nous ressortons ce mois-ci dans la collection souple le Chasse royale I du grand Jaworski… qui nous concocte le troisième volet pour la fin de janvier prochain, eh oui.

Août 2018

Dans l’édition française, l’été est toujours une période entre-deux, sans nouveautés… et puis soudain, fin août tout repart, avec les premières nouveautés de la rentrée qui déboulent en librairie !

Et quelles nouveautés : nous ne sommes pas peu fiers d’avoir découvert une nouvelle plume, Margot Delorme, dont le roman Le Dompteur d’avalanches nous a réellement surpris et séduit par sa fraîcheur. Décors splendides, langue lyrique, créatures étonnantes à la Miyazaki, ancrage dans les folklores alpins, nous tenons là une fantasy qui sait être à la fois universelle (le pouvoir des mythes) et très française d’expression (la culture savoyarde), le tout dans des décors montagnards qui ne sont vraiment pas très courants dans le genre : une perle pour cette nouvelle « Rentrée de la fantasy française » !

Et puis voici qu’arrive enfin un monstre de beauté, un exploit pour un petit éditeur comme nous : Japon ! Panorama de l’imaginaire japonais, de Julie Proust Tanguy. Un beau livre exceptionnel, un voyage thématique : vous y découvrirez comment se sont forgées les différentes formes de récit japonais, depuis l’ancestral Kojiki jusqu’aux innovations du jeu vidéo. Vous apprivoiserez les différents personnages qui peuplent ces histoires : les kaiju, school girls et avatars du Guerrier vous révèleront les valeurs qui les animent et les esthétiques qui les portent. Et si les facéties des yōkai et la menace sombre des futurs apocalyptiques ne vous ont pas fait fuir, peut-être même distinguerez-vous, à travers les échos de la musique nippone ou dans le jaillissement de ses saveurs élégantes, le rapport étonnant que le Japon entretient avec le temps et l’espace…

Inattendus, les deux tomes clôturant la saga Zigomar, de Léon Sazie, vont arriver déjà fin septembre, et ils sont donc en souscription. Le génie du mal, qui précédera le Fantômas de Souvestre et Allain de quelques mois, fit frémir les lecteurs 164 épisodes durant dans le journal Le Matin en 1910. Jamais réédité depuis la première moitié du vingtième siècle, c’est une portion importante de la littérature populaire qui est remise à sa juste place : à la disposition des lecteurs. Les volumes 5 et 6 réunissent le dernier cycle, « Peau-d’Anguille ». Texte établi par Jean-Daniel Brèque (tirage limité à 99 exemplaires).

Lire le Camphrier

Nous vous livrons régulièrement des « mots de l’éditeur » sur nos nouveautés, juste un petit texte à chaque fois afin de vous expliquer, de manière très personnelle, comme en confidence, l’origine d’un livre… Cette fois, Mérédith Debaque évoque sa lecture du livre de Nicolas Labarre : « Le Camphrier dans la ville flottante« .

Lire Le Camphrier dans la ville flottante est une expérience intéressante et exigeante. Comme la mer sur lequel repose son bateau, ce roman sait être doux, apaisant, pour soudain exploser en une tempête destructrice quelques pages plus loin.

Il faut un auteur attentif pour réussir à tenir sur ce fil, entre tension et accalmie, une longue montée faite de remous de plus en plus violents qui secouent les cales de ce livre, et emportent le lecteur dans ses tumultes jusqu’à la fin de l’histoire.

Nicolas Labarre propose avec le Camphrier une véritable vision, une idée précise et concrète du futur, de ce qu’il pourrait être. Et c’est incroyablement crédible. L’idée était belle : faire d’une croisière, une dystopie, d’une rencontre d’affaires, le début d’une révolution sociale. Imaginez donc un huis clos humide où une bande de cinéastes navigue à bord bateau titanesque, dont les cales sont des bidonvilles proches de l’inondation et les hauteurs, les appartements privés de quelques riches voyageurs. L’objectif de ces entrepreneurs de la vidéo est de renouer le contact avec le juteux marché américain par un rendez-vous, forcément secret, avec un agent des États-Unis. Bien sûr, rien ne se passe comme prévu, et nos protagonistes se trouvent au centre de la contestation naissante.

Plusieurs choses m’ont plu : les personnages ne sont pas que les rouages dysfonctionnels d’une machine dystopique, condamnés à se faire écraser par celle-ci. Ils sont profondément humains, faibles et forts, preneurs de décisions. Plutôt que de participer volontairement à une société injuste, ils se contentent d’y vivre, ignorant tout simplement cet autre « pan » de la population qui survit dans la misère. Assez actuel, non ?

Aussi, la douceur évoquée au départ transpire également dans les résolutions de l’auteur à ne pas verser dans les grandes idées pompeuses ou la révolution héroïque. Les vagues de la révolution peuvent bien s’écraser avec violence sur ce bateau, les choses ne changent que peu, voire restent les mêmes. Les modifications (sociales ou mentales) n’avancent que lentement, parfois au point d’en sembler presque immobiles.

Oui, Le Camphrier dans la ville flottante est une lecture exigeante, un roman intelligent et amer sur la société humaine et sur sa faculté à répéter les mêmes erreurs. Comme une cassette que l’on rembobine.

Mérédith Debaque